UN CAFÉ, CINQ QUESTIONS : LORRAINE BOUCHARD
sept
14
2021
UN CAFÉ, CINQ QUESTIONS : LORRAINE BOUCHARD
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par Patrick Richard

Un café, cinq questions est un lieu de discussion où je prends le temps d’un café pour questionner un artiste de Vaudreuil-Dorion, un citoyen, une femme d’affaires ou un barbu circonspect, sur son rapport à la culture à l’aide de cinq questions pas du tout scientifiques en lien avec l’actualité, avec la vie, avec notre place dans l’univers et surtout, avec rien de tout ça. À la dernière gorgée de café, je demande à mon invité de choisir mon prochain invité.

Aujourd’hui, à la demande de Jacinthe Richard, je bois un café à distance en parlant au téléphone avec la peintre émailleuse, Lorraine Bouchard.

Qui est-elle?


Elle se rappelle ses premiers amours pour le dessin à l’époque où elle suit sa sœur qui avait un certain talent pour la chose. De 10 à 16 ans, elle assiste à des cours et parfait son art en apprenant le fusain avant de commencer la peinture. Elle termine un cours à l’école du Musée des beaux-arts et la vie fait qu’elle s’oriente d’abord en psychiatrie pour y œuvrer durant près de cinq ans avant d’entamer une longue carrière en vente. Il y a une quinzaine d’années, elle fait le choix de mettre l’art en priorité et s’adonne à l’émail sur cuivre. Elle prend part à des expositions aux États-Unis et en France, mais c’est ici, dans les galeries et les musées où elle a exposé au fil des ans, qu’elle s’estime la plus heureuse. « Pour une nouvelle carrière que je ne pensais jamais avoir, j’ai été chanceuse et heureuse dans cette carrière-là », résume l’artiste à qui nous avons posé cinq questions pour rester fidèle au concept de la chronique.

Si vous étiez médecin culturel et que vous aviez le mandat de prescrire des œuvres artistiques ou des activités culturelles pour remonter le moral à vos patients, quels remèdes prescririez-vous le plus souvent?

Je suggérerais aux gens de visiter les galeries d’art. Je trouve que les gens n’y vont pas assez souvent. C’est tellement reposant et apaisant une galerie d’art. On devrait tous en visiter plusieurs par année. Dans mon autre vie, dans ma jeune vingtaine, j’ai travaillé en psychiatrie et on faisait faire de la peinture aux doigts aux patients et on les faisait discuter sur leur toile après. C’était incroyable comment les patients l’appréciaient et de constater ce qu’on pouvait ressortir pour les aider. C’était très amusant de voir un paquet d’adultes dans la peinture avec leurs mains. Pour eux, ils n’avaient pas conscience d’avoir un pinceau dans les mains et de produire quelque chose. C’était plus aléatoire. C’était de la projection. Aujourd’hui, tout semble plus compliqué. À l’époque, c’était très simple se sortir des pots de peinture et de dire aux gens : allez-y! Comme avec des enfants au fond.

On vous donne la chance de retourner dans le temps pour vivre l’événement historique de votre choix et y participer. Où iriez-vous et pourquoi?

J’ai modifié la question un peu différemment. J’aurais voulu être La bohème d’Aznavour et consoler La solitude de Moustaki en me faisant chanter la pomme avec Ton visage de Jean-Pierre Ferland. Bien sûr, vous écoutiez les Beatles, ces chansons ne vous disent rien, mais chez nous, c’était les chansonniers. Quelque part, dans ma jeunesse, j’aurais voulu être tout ça. Je crois que la chanson Ton visage est une des plus belles chansons d’amour qui ait existé.

Une citation, une chanson, un film et un livre sur une île déserte?

Ça revient un peu ce que je viens de dire!

Film : Un film qu’on ne voit pas souvent : Une bouteille à la mer avec Kevin Costner

Chanson : Il n’y a pas vraiment de chanson spécifique sinon Cold Cold Heart de Bobby Basani et Le Métèque de Georges Moustaki. C’est pas très romantique!

Livre : Il n’y a pas un livre en particulier qui m’a spécialement marqué.

Citation : Quelque chose que je dis souvent : « On a les qualités de nos défauts et les défauts de nos qualités. » C’est souvent ce que je répète quand je sens de l’intolérance.

Dans 100 ans, qu’aimeriez-vous qu’il reste de Lorraine Bouchard?

Ça serait improbable et très prétentieux de penser qu’il restera quelque chose de nous dans 100 ans. Ce n’est pas quelque chose qui me préoccupe.

À l’image du passeport pour voyager, que retrouverait-on dans votre passeport culturel si on vous en avait donné un à la naissance?

C’est sûr que l’exposition de mes tableaux en Europe a été quelque chose de marquant pour moi. J’ai aussi fait deux expositions au Musée régional de Vaudreuil-Soulanges, dont une en solo, et j’ai adoré mon expérience. J’ai trouvé les gens extraordinaires, c’est quelque chose qui m’a marqué.

Au terme de notre rencontre téléphonique qui m’a permis de remettre en doute pour une deuxième entrevue consécutive la pertinence de certaines de mes questions (j’apprendrai), Lorraine Bouchard m’invite à mon prochain invité, un premier homme depuis des lunes, soit l’artiste peintre Michel Sauvé.

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