Plonger au cœur du Plongeur
sept
18
2019
Plonger au cœur du Plongeur
mozaik
seperation

Je me suis toujours demandé ce qui se passe dans la cuisine d’un restaurant, pendant que, dans le confort de la salle à manger, je déguste un poulet aux olives accompagné d’une bonne bière fraîche.

Quelle est l’atmosphère qui règne dans ce lieu mystérieux où, derrière des portes closes, une société secrète s’active à répondre à toutes mes demandes, à tous mes caprices?

On peut supposer qu’à l’abri des regards, les gestes des chefs, des sous-chefs, des garde-manger, des maîtres d’hôtel, des serveurs et des plongeurs se coordonnent en un ballet métronomique réglé au quart de tour. Et pourtant…

En ouvrant le livre Le plongeur de Stéphane Larue, on pénètre dans ce joyeux bordel du monde de la restauration à travers le regard d’un narrateur aux prises avec ses nombreux démons. Ici, les échanges entre collègues sont précipités, brusques et souvent criés, les repas sont pris rapidement sur des contenants de plastique renversés, les planchers sont poisseux, la vaisselle sale est empilée, puis lavée, puis récurée, puis rangée, puis salie, puis empilée… à l’infini. Des clients de dernière minute qui bousculent l’horaire de tout le monde, des employés qui ne se pointent pas au travail, une porte qui s’ouvre sur une ruelle sombre par laquelle on quitte la cuisine pour entrer dans la vie des bars, des machines à sous qui peuvent vous avaler en laissant derrière vous votre chemise, vos amis et votre dignité, et des « last call » enivrés, voilà le chaos où le lecteur est convié.

Mais j’ai aimé ce chaos. J’ai aimé ce « laveur de vaisselle » qui m’a tenu la main au cœur de son univers peuplé de jeunes marginaux. Je l’ai aimé malgré ses malheurs, ses trahisons, ses peines et ses espoirs. Et je pense que vous pourriez bien l’aimer aussi.

L’usager

seperation

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