L’harmonie à 4 h 30
déc.
01
2019
L’harmonie à 4 h 30
mozaik
seperation

Récemment, j’ai eu la chance de passer deux heures bien comptées en compagnie de Marc-André Thibault, enseignant de musique à l’École secondaire de la Cité-des-Jeunes et directeur musical de l’Harmonie et du Jazz Band de la Cité. Mélomane allumé, l’homme multiplie les projets et depuis 30 ans, il enseigne sa passion et bâtit la réputation de son groupe d’élèves qui a déjà joué sur plus d’un continent. L’harmonie de la Cité-des-Jeunes rassemble de juvéniles musiciens unis par leur amour de la musique et qui s’exercent à souffler, à taper et à gratter leur instrument jour après jour après jour. La plupart du temps, leurs notes envolées dans les locaux du centre culturel de la Cité-des-Jeunes, où se retrouvent les musiciens sitôt la dernière cloche sonnée, se perdent dans les longs corridors désertés à cette heure tardive de la journée. Mais en cette fin d’après-midi d’automne, mes oreilles se sont retrouvées là, à apprécier le mariage des différents instruments joués. Le simple son des instruments en train de se faire accorder suffisait à mon petit bonheur quotidien. J’ai le bonheur facile diront certains, tant pis pour ceux qui ne l’ont pas pourrais-je être tenté de répondre.

Nous ne sommes pas à un concert offert dans une salle digne de ce nom : nous sommes dans un simple local un peu beige de la plus grande école secondaire du Québec une journée de novembre quand le soleil décide trop tôt d’aller se coucher sans dire salut. Et pourtant, dans cette simplicité et ce moment présent, tout se retrouve là : la réussite, la joie, l’avenir, la paix, la musique. Ces jeunes répètent et jouent une pièce musicale maintes fois entendue sur les planchers de danse du monde entier. À l’extérieur des murs de l’école, les gens quittent à pas fatigués sans se douter de l’harmonie musicale qui rééquilibre positivement cette froide journée. Il suffit parfois de s’arrêter un peu, de constater la chance que nous avons de nous retrouver là où nous sommes. Oui, il fait noir plus tôt. Oui, il fait de plus en plus gris. Oui, le monde peut être enneigé et accablant. Mais nous sommes en sécurité, nous sommes habillés, nous sommes nourris. Nous avons même des rêves que nous pouvons réaliser et des animaux qui mangent plus que ce qu’ils ont besoin de manger.

Chaque instant cache une lumière culturelle, à nous seulement de porter les bonnes lunettes pour l’apercevoir.

Patrick Richard

Crédit photo: Patrick Richard

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