L’été… oui, mais…
août
11
2020
L’été… oui, mais…
mozaik
seperation

Par L’usager
Pourquoi le monde de la mode nous impose-t-il de porter des couleurs vives ou pastel l’été, tandis que le noir, le marine et le gris sont de bon ton pendant la saison froide? Pourquoi la télévision nous présente-t-elle de mai à septembre des émissions d’une banalité abêtissante, où des vedettes populaires rient de tout et de rien dans des décors de bars tropicaux? Pourquoi l’été faudrait-il ne lire que de la littérature légère, humoristique ou des polars? Remarquez, je n’ai rien contre. Il m’arrive aussi d’en lire sans bouder mon plaisir, mais je suis généralement plutôt insensible à ce genre de diktat saisonnier.

Ainsi, je veux vous parler d’un livre que j’ai lu en plein cœur de juillet et qui parle de famille, d’amour, d’exil, de mort, de suicide et de résilience.

Je ne saurais trop vous conseiller d’emprunter à la bibliothèque l’émouvant récit d’Olivia de Lamberterie, Avec toutes mes sympathies, qui relate la relation de l’autrice avec son frère Alex qui s’est suicidé en 2015. Critique littéraire pour le magazine Elle, elle nous livre avec finesse tout l’amour et l’admiration qu’elle portait à son frère.

Dans les jeunes années d’Alex de Lamberterie, on voit poindre chez lui un talent créatif qui l’amène à poursuivre des études universitaires à Paris, puis il s’envole à Montréal où il emménage avec sa femme alors qu’il devient directeur artistique chez Ubisoft jusqu’à son décès. À travers les mots et la sensibilité d’une sœur esseulée, celui-ci apparaît comme un homme joyeux, amusant, aimant et aimé de tous, mais une part d’ombre tapie dans son âme, faite de mélancolie et de dépression, finira par avoir raison de lui. C’est cet homme disparu et qui lui manque tant qu’elle recherche à travers chaque ligne de ce livre. C’est de cet être solaire qu’elle veut se souvenir en évoquant les joies, les peines et les rires partagés. C’est ce frère qui a tout pour lui, mais qui ne sait pas comment vivre qu’elle veut retrouver en écrivant ce témoignage. Soutenue dans son deuil par sa famille et les amis québécois de son frère, et sans nier la douleur provoquée par ce départ brutal, Olivia de Lamberterie célèbre d’abord et malgré tout la vie comme elle le dit elle-même : « En fait, avec ce livre, j’ai surtout voulu inventer une manière joyeuse d’être triste. »

 

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