Éditorial - Crémage culturel
janv
01
2020
Éditorial - Crémage culturel
mozaik
seperation

2019 aura marqué l’aboutissement d’une théorie à laquelle j’ai consacré une partie de ma vie. Des heures de réflexion, de recherches et d’idées basées sur une expérience étalée sur une décennie. Cette théorie se base sur le concept suivant : le gâteau et le crémage sur le gâteau. Nous, occidentaux, vivons en des lieux où la vie est relativement facile (je souligne ici le relativement, ce n’est pas toujours le cas, mais pris de façon générale) : nous sommes en sécurité (quand avez-vous entendu la dernière fois une sirène informant la venue du prochain bombardement?), nous sommes libres (avez-vous peur de mourir quand vous vous exprimez?), nous sommes logés (dans le pire des cas, on me trouvera un endroit où passer la nuit), nourris (dans le pire des cas, on m’offrira une soupe populaire) et habillés (avez-vous déjà vu quelqu’un se promener tout nu dehors au mois de janvier?). Tout cela, la sécurité, la liberté, le loyer, le manger et le soulier, c’est le gâteau. Certains ont un gâteau à la vanille, d’autres au chocolat, certains excentriques aux carottes ou à la courgette, mais tout le monde a son gâteau. Vient ensuite le crémage. Et c’est là que les choses se gâtent.

Car voyez-vous, pour vivre normalement, nous avons besoin d’un gâteau. Mais nous pouvons très bien profiter de la vie munis d’un gâteau sans crémage. Comme disait Mash Mallow, la pyramide des besoins se cache dans le gâteau. Le problème est que nous prenons le gâteau tellement pour acquis que nous nous endettons pour le couvrir du plus meilleur crémage qui n’existe pas : une nouvelle voiture, une maison plus grande, une belle robe rouge pour Noël, un voyage en famille au Mexique, un repas 7 étoiles à New York (parce que tant qu’à être là), un billet 2e rangée au spectacle de Céline, une PlayStation, des legos de Star Wars, un beau sapin, une visite au spa, un spa et ainsi de suite jusqu’à qu’à ce que satiété s’en suive, c’est-à-dire jamais. Une course effrénée pour couvrir de crémage notre gâteau qui disparaît parfois sous le crémage tellement il y en a (personnellement, je mange mon gâteau au chocolat dépourvu de crémage, mais avec un peu de lait).

Pour 2020, je vous souhaite un seul crémage pour votre gâteau : un crémage culturel. Parcourez les points de culture de la ville pour les découvrir, les redécouvrir, pour rencontrer, créer, apprécier, pour vivre des moments inoubliables qui sauront vous apporter un crémage plus satisfaisant qu’une bébelle inutile vue dans une publicité sur un réseau social pour nous montrer que la vie serait meilleure avec ladite bébelle. La vie sera meilleure avec du crémage culturel. Et ce crémage, dans notre ville, a les saveurs des artistes qui le cuisinent. Il est savoureux!

Bon crémage culturel à tous et toutes et prenez soin de votre gâteau en 2020.

Patrick Richard

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