Origine
déc.
01
2019
Origine
mozaik
seperation

Ils étaient ici bien avant nous. Ils occupaient, il y a plusieurs siècles, l’entièreté du territoire. Ils en étaient les maîtres incontestables.

Puis nous sommes arrivés comme des conquérants imbus de nos certitudes et nous avons mis en place des structures dont le but était de gommer leur existence.

Mais les Premières Nations sont toujours là et leurs voix se font entendre de plus en plus. Et parmi ces voix qui ont pour noms Samian, Elisapie, Florent Vollant et bien d’autres, en résonne une tout à fait singulière, celle de Jeremy Dutcher.

Originaire du Nouveau-Brunswick et vivant présentement à Toronto, ce Malécite bispirituel chanteur, pianiste, musicologue et activiste nous livre avec « Wolastoqiyik Lintuwakonawa » un album percutant où toutes ses compétences sont mises à profit pour notre plus grand bonheur. Toutes les chansons sont interprétées en wolastoq, une langue autochtone, aujourd’hui à quelques âmes de la disparition.

La voix exceptionnelle et puissante de Jeremy Dutcher, supportée par des accompagnements modernes aux textures riches, fait naître en nous, dès la première écoute, une émotion bouleversante. Mais ce qui fait l’originalité de cet album, ce sont les voix amérindiennes qu’on y entend. Recueillies à partir de vieux enregistrements, elles servent de matière première à une véritable création artistique qui transcende le folklore. Ces voix se fondent tout naturellement à celle de Dutcher, parfois en amorce, parfois en conclusion des chansons et alors on saisit, je pense, toute l’essence de son œuvre. Même si l’on croit entendre parfois de la musique classique, parfois de la musique folk, parfois du chant grégorien, cet album, aux couleurs résolument amérindiennes, est un grand cri d’amour à son peuple, à ses origines.

Et c’est beau, on en redemande.

À vous de l’écouter et de le découvrir.

Ici, chez nous, à la bibliothèque.

L’usager

Crédit Photo : Jérémie Dutcher

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