Journal d’un confiné sans confins (2)
mai
13
2020
Journal d’un confiné sans confins (2)
mozaik
seperation

Par Jean-Noël Bilodeau

 

BLUES DE PANDÉMIE

 

Passe le vent

Passe la pluie

Passent de petits

Oiseaux tout gris

Passe le vent

Passe l’ennui

 

Quand il n’y a plus dans les rues désertes d’autos qui roulent de gens qui marchent quand il n’y a rien à voir et personne aux fenêtres quand il n’y a plus à entendre que des sirènes d’ambulances et des cloches d’églises pour dénombrer les heures de ceux qui survivent quand il n’y a plus que les jappements des chiens et des cris d’enfants pour trahir le silence déshabitué

 

Passe le temps

Berce la nuit

Le temps fuit

Au rythme lent

De la pandémie

 

Puis survient la vie d’avant claire comme le verre du verre extirpé du lave-vaisselle sans empreinte de la main grasse qui l’y a mis, sans l’odeur d’alcool qui aurait pu l’imprégner quand le soir d’avant j’ai bu seul le vin affadi de notre amitié quand je me suis souvenu de vieux souvenirs que je croyais à jamais oubliés des noms des jours des amours ratés des projets inachevés des poèmes interrompus des récits mensongers des rires et des colères aux pourquoi effacés des regrets et des amis perdus

 

Passe devant

Passe la vie

Creuse la mémoire

Et les oublis

Passe le temps

Sans les amis

 

Crédit photo : Christian Gonzalez

seperation

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