Un café, cinq questions : Nathalie Plouffe
févr
24
2021
Un café, cinq questions : Nathalie Plouffe
mozaik
seperation

par Patrick Richard

Un café, cinq questions est un lieu de discussion où je prends le temps d’un café pour questionner un artiste de Vaudreuil-Dorion, un citoyen, une femme d’affaires ou un barbu circonspect, sur son rapport à la culture à l’aide de cinq questions pas du tout scientifiques en lien avec l’actualité, avec la vie, avec notre place dans l’univers et surtout, avec rien de tout ça. À la dernière gorgée de café, je demande à mon invité de choisir mon prochain invité.

Aujourd’hui, à la demande d’Anne-Marie-Lauzon, je bois un café un peu tiède au téléphone avec l’artiste peintre Nathalie Plouffe qui déjà, à l’âge de 10 ans, vendait des cartes de souhaits de son cru à ses amies.

Qui est-elle?

D’aussi loin qu’elle se rappelle, Nathalie Plouffe dessine : dans ses cahiers d’école, dans des cartes d’anniversaire, elle remporte même quelques concours provinciaux. Mais c’est une fois qu’elle devient adulte que les toiles et les pinceaux se mettent au service de son imagination. Dès que le plus jeune de ses enfants est entré à la maternelle, la maman sort de sa coquille et se dévoue à son art. Aujourd’hui, entourée de ses canevas, de sa musique et de sa boîte à dessin, elle prend la porte de sa création pour s’évader et offrir la signature Plouffe dans l’une ou l’autre de ses collections.

Vous êtes dans un ascenseur et avez le temps de 30 étages pour raconter votre parcours artistique à la personne à côté de vous. Quel sera votre pitch d’ascenseur?

Je me présenterais en disant que je suis Plouffe, et non Nathalie Plouffe. Mon art est considéré comme de l’art naïf, les traits ne sont pas définis. Mes inspirations sont souvent de la famille, les enfants, la campagne; je suis native du Nord, alors les grands espaces, les montagnes, j’en ai vu! Je fonctionne par collection. J’ai ma collection champêtre, ce sont les grands espaces, les valons, les collines, les villages dans les montagnes au loin, ce qu’on voit dans une petite randonnée de dimanche après-midi quand on s’en va à la campagne. La liberté, on ne pense plus à rien, on se fait pousser par le vent. J’ai aussi mes plif plaf, ma collection des enfants. C’est toujours festif, les bras en l’air, les grands chapeaux, les bulles de savon, les fleurs qui s’en vont au vent, c’est la naïveté des enfants, des petits moments qu’on a eus dans notre jeunesse. On n’avait pas de souci, tout allait bien! Mes collections viennent de mes canevas. Je peins toujours en noir. Je regarde mon canevas, je fais une bulle autour de moi et mon canevas parle. Il sort une histoire, ça va vite dans ma tête. Je peins à plat, toujours sur une table, et je tourne autour de ma toile, je danse autour d’elle, mes pinceaux roulent! C’est pour ça que j’ai beaucoup de mouvement dans mes coups de pinceau. Je perds tous les repères des lignes, j’entre vraiment dans ma toile et mon énergie passe par là. La musique diffère selon mes collections. Et j’aime que les gens se fassent une histoire avec mes toiles. (Nous sommes rendus au 139e étage, mais comme tout ce qui monte, tout redescend…)

Vous avez la chance de partir en voyage pendant un an, mais ne pouvez apporter qu’un seul objet, quel serait cet objet et pourquoi?

J’ai essayé de maximiser mon objet, j’ai hésité entre mon appareil photo et ma boîte à dessin. Avec mes crayons, mon papier, je maximiserais, je dessinerais un peu, je prendrais des notes de ce que je vis à chaque étape. J’ai trouvé difficile de choisir, mais j’ai choisi la boîte à dessin pour faire mes dessins, mes croquis. Mais mon appareil photo ne serait pas loin!

Un projet artistique marquant auquel vous avez contribué

Pendant mes années à la maison, j’ai profité du fait que j’étais dans la région de Vaudreuil-sur-le-Lac, j’étais proche de la municipalité, j’apportais des projets et on a créé le groupe Traitdartiste, un regroupement d’artistes de la région. On était une quinzaine, on se rencontrait une fois par mois pour faire des ateliers, des expositions en groupe. Je faisais également des expositions à cette époque, notamment des salons de métier d’art. Pendant trois années de suite, on faisait notre expo. Les gens avaient la possibilité de venir nous rencontrer, de jaser, de nous connaître, de prendre un café, de venir voir ce qu’on faisait. J’étais contente d’avoir réalisé ces trois expos-là. On avait eu de beaux résultats.

Une citation, une chanson et un livre sur une île déserte

Citation
«  Une journée sans rire, c’est une journée de perdu ». J’ai le rire facile et communicatif.

Chanson
À part le petit papa Noël qui me fait pleurer tous les Noël, mon autre choix, c’est instrumental, c’est l’album La terre vue du ciel. C’est enveloppant, tu te sens un oiseau quand tu écoutes ça.

Livre
Un livre que je relis quelquefois, « Qui a piqué mon fromage? »

En quoi l’art peut-il nous rendre plus heureux?

Cet été, je suis allée à Québec voir l’exposition de Van Gogh. C’est mon préféré… Quand l’expo était en France, je voulais aller la voir, mais je n’y étais pas allée. Après ça, elle est venue à Montréal, je voulais y aller, mais le confinement est arrivé. À Québec, j’avais l’air d’une vraie folle! Une chance qu’on avait nos masques, je regardais l’expo et je pleurais, je suis ici et je la vois, c’était tellement beau! Je me fais toujours des histoires, j’entre dans la toile, j’entre dedans les projections et je me fais mon histoire. C’est ça pour moi être heureuse. Arrêter tout, tu ne penses plus, tu mets ton cerveau à off, tu entres et tu te laisses aller par la création, par l’imagination de l’artiste. C’est ça le bonheur pour moi, tu oublies tout et tu entres dans le tableau, tu regardes le spectacle. Tu vis le moment présent.

Pour ma prochaine invitée, Nathalie Plouffe m’invite à la rencontre de l’artiste-peintre Marthe Villeneuve.

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