Le temps des fêtes dans les années 1950
janv
01
2020
Le temps des fêtes dans les années 1950
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Le temps des fêtes durant mon enfance durait près d’un mois. Il allait du 8 décembre au 6 janvier. Plusieurs activités avaient lieu et cette période débutait avec une messe.
Ainsi, le matin du 8 décembre, on commençait par la messe de l’Immaculée Conception, c’était jour férié. À la radio, on jouait « la Charlotte prie Notre-Dame », l’histoire d’une prostituée qui vit dans la rue et n’en pouvant plus, elle prie la Vierge de venir la chercher. C’était suivi des airs de Noël. Voilà, le temps des fêtes qui commençait.

Magasinage
Le samedi suivant, on prenait le train à Dorion avec, dans nos poches, notre liste de cadeaux et l’argent pour tout payer comptant au magasin Eaton. On revenait le soir, fourbu, les mains pleines de sacs qu’on se cachait les uns des autres évidemment. Faut se rappeler que les centres commerciaux n’existaient pas!

Cartes de Noël
La coutume voulait qu’on poste à nos parents et amis une carte de Noël. C’était une longue corvée, mais quel plaisir, chaque jour d’attendre le facteur et de recevoir ces importantes marques d’affection et d’amitié. La liste des noms et adresses était remisée précieusement chaque année dans les boîtes de cartes de l’année suivante, soigneusement achetées en vente.

Décorations
Le sapin trônait dans le salon, souvent un petit arbre rabougri, vert ou métallique garni de boules de toutes formes et couleurs et très cassantes. Quelques lumières, quelques glaçons et à son pied, la crèche, c’est tout.

Lettre aux parents

À l’école, chaque année, on écrivait une lettre à nos parents pour les remercier et prier le ciel de les bénir. C’était très cérémonial. On la leur donnait à Noël.

Messe de minuit

Le premier dimanche de décembre, après la messe, on achetait les bancs pour la messe de minuit. Fallait déjà savoir combien d’invités seraient de la fête. Le 24 au soir, on se rendait à l’église vers 23 h 30. À minuit retentissait le « Minuit chrétiens » presque toujours chanté par le même paroissien chaque année. C’était un honneur ultime dans chaque paroisse. Une messe solennelle suivait en latin. Ensuite, deux basses messes étaient chantées au cours desquelles on entendait les chants traditionnels comme « Les anges dans nos campagnes » ou « Il est né le divin enfant ».
Une grande partie des paroissiens sortaient après la grand-messe, mais chez nous, ça aurait été un affront de faire ça à mon père qui aurait refusé qu’on ouvre les cadeaux. On revenait de l’église un peu après 2 h du matin, on réveillonnait, on ouvrait les cadeaux et le coucher se faisait à l’aurore.

Jour de l’an

C’était LA journée de l’année. D’abord, comme aînée, je demandais la bénédiction paternelle. On s’agenouillait devant notre père qui prononçait une prière avant de nous bénir en faisant une croix, dans les airs, de sa main droite.

Ensuite, vite les derniers préparatifs du dîner familial. La sœur et les frères de maman arrivaient avec les enfants. On faisait 2-3 tablées pour déguster dinde, ragoût de boulettes, tourtières, patates, petits pois et « atocas ». Les tartes au sucre, au « mincemeat » et aux raisins suivaient.

On passait tous au salon pour les récitations du Jour de l’An, apprises à l’école évidemment. Chaque enfant déclamait qui son poème, qui sa chanson ou son boniment et un cousin aîné passait le chapeau aux adultes pour remettre les piécettes à l’enfant qui venait de faire sa prestation.

Jour des Rois

Le 6 janvier, c’était l’Épiphanie, la journée des Rois Mages. L’école recommençait le lendemain. Le temps des fêtes s’arrêtait là, tout était rangé.

À l’an prochain!

Micheline Merizzi Brault

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