Le sport et la culture
sept
18
2019
Le sport et la culture
mozaik
seperation

J’étais assis sur un banc bleu en métal l’autre jour entouré de parents qui sifflaient et criaient à pleine tête après leur enfant quand je me suis dit, dans le silence de mon esprit : « C’est fou comme il y a du bruit quand on assiste à un événement sportif! » Que l’on soit sur le bord d’une piscine remplie d’enfants compétitionnant les uns contre les autres, dans un aréna où pullulent le meilleur et le pire de qui nous sommes ou assis dans n’importe quelle estrade devant laquelle se déroule un quelconque événement sportif, les cris, les hurlements et les sifflements sont de mises. Certains parents crient et sifflent plus fort que d’autres et habituellement, selon une étude scientifique publiée dans le magazine Scientific News and Pyscholgic human being for the sports and criying people, ceux et celles qui crient, applaudissent et sifflent plus fort que les autres sont systématiquement assis derrière soi. J’en étais là dans mes réflexions quand un papa, qui filmait sa fille qui nageait sa vie dans la piscine devant lui, chuintait plus fort que le sifflet de l’officiel debout en blanc sur le bord de la piscine en égratignant au passage mon délicat tympan qui se demandait de kossé qui se passait là. J’en avais mal à la tête tellement il ne s’en pouvait plus de s’émouvoir avec ses deux doigts entrés dans sa bouche pointue. Comme mon cerveau cherchait une porte de sortie, je me suis mis à penser : et si on transposait ces impulsions parentales sur les réussites culturelles de nos enfants?

Imaginons : votre enfant joue du tuba dans l’orchestre de son école. Votre enfant s’appelle Paul parce que c’est ainsi que vous l’avez nommé. Un jour arrive le spectacle de Paul. Toute la famille s’installe dans une des rangées de la salle. Le spectacle commence. Paul ne joue pas encore du tuba. Au milieu de la première chanson, Paul empoigne son tuba et avant même de souffler sa première note, Pierre, le papa de Paul, gueule sa vie à plein poumon, debout sur son banc de métal : « Let’s go mon Paul, GO GO GO, awaye, SOUFFFLLLEEEEEEEEEE. » Personne dans la salle ne réagit parce que comme au hockey, ou comme dans une compétition de natation, c’est normal d’entendre des parents gueuler : « Jouuuuuuueeeeeeee!!! Lâche paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaas. » Je vous laisse imaginer les nombreux autres exemples où transposer le comportement excessif des parents d’enfants sportifs aux parents dans les spectacles de leur enfant : « Danse ma SIMONE, DAAANNSSSSSSSSSSSEEEEEEEE! »

Quand on y pense, ce qui est le plus appréciable en culture, c’est le silence.

Patrick Richard

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