Le blaireau, la route 2 et le T.G.I.F.
août
12
2020
Le blaireau, la route 2 et le T.G.I.F.
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Par Patrick Richard
Bien avant nous, il y en avait d’autres qui vivaient bien souvent les mêmes choses que nous. Mais le temps a quand même cette faculté de passer et de montrer que les mœurs et coutumes changent parfois aussi vite que les saisons. En feuilletant le no 38, Vol. VII du journal L’Écho, publié à Dorion le 30 septembre 1964 au coût de 10 cennes, nous prenons conscience un peu plus d’où nous venons afin de nous orienter un peu mieux vers où nous allons. Plus ça change, plus c’est pareil? À vous de voir.

D’entrée de jeu, on n’accueille rien de moins que les Baronets avec Pierre, René et Jean dans la place la plus « in » de l’époque, le Vaudreuil Inn. Situé sur le boulevard Harwood à l’emplacement de l’actuel restaurant Cora, le Vaudreuil Inn présentait des spectacles à la pelle en accueillant les plus grands noms de l’époque. Pour le week-end du 2, 3 et 4 octobre 1964, les Baronets allaient donner pas moins de sept spectacles! 1 $ pour l’admission en matinée.

On nous informe également que l’état des routes dans la région est convenable, mais que les automobilistes doivent quand même redoubler de prudence dans certaines sections de route où des travaux sont en cours. On parle notamment du béton bitumineux de la route 2 qui deviendra l’autoroute 20 et de la route 17 qui deviendra la route 342, l’actuel boulevard Harwood. Chose intéressante, on informe les entrepreneurs que le ministère de la Voirie du gouvernement du Québec attend les soumissions en vue de poursuivre les travaux de la Transcanadienne dans les municipalités de Saint-Lazare, Saint-Michel de Vaudreuil, Sainte-Madeleine de Rigaud et Ville de Rigaud. On souhaite alors achever les travaux de drainage, de terrassement et de gravelage sur une longueur de 8 miles et demi (env. 13,7 km). Rappelons que cette portion de route, ajoutée à celle qui suivra, constitue le prolongement de l’autoroute 40 depuis le boulevard des Sources dont la mise en service a lieu en 1966. Une section fut construite en partie sur le corridor de l’ancienne route 17, soit l’actuelle route 342. Comme quoi, tout n’a pas toujours existé.

Parlant d’existence, en page 3, une grande campagne de souscription invite les gens à contribuer généreusement à la Fondation de l’Hôpital du Lakeshore. Dans notre région, le secteur d’influence de l’hôpital touche à cette époque Pincourt, Dorion ainsi que Hudson Heights. En donnant 25 $ par année, les donateurs s’assuraient certains privilèges, dont celui d’utiliser la contribution versée pour tous les membres immédiats de sa famille dans le cas d’une hospitalisation au cours de l’année. Chaque membre recevra également, « en temps et lieu », des formules pour la préparation des cartes d’identité médicales pour tous les membres de la famille. Rappelons que la Régie de l’assurance maladie du Québec a vu le jour cinq ans plus tard en 1969 afin de maintenir et d’améliorer la santé de la population en assurant à tous l’accès aux soins de santé gratuits (au moyen de différentes taxes et impôts). Il y a eu un avant ici aussi, souvenons-nous-en.

Comme il apparaît dans ce titre, parlons du Blaireau avec un b majuscule. Il s’agit en fait d’une chronique visant à rapporter les bons et moins bons coups de certains élèves de la Cité-des-Jeunes et peut-être même de certains professeurs et employés. Pourquoi le nom de Blaireau? « Le Blaireau a le nez fourré partout, tout en étant fort utile et parfois même raffiné. » Un concours visant à identifier les Blaireaux est aussi lancé et le gagnant remportera des cadeaux « qui seront déterminés plus tard ». En d’autres mots, participez et on verra bien ce que vous gagnerez. Voici des exemples de ce que le Blaireau a vu et entendu pour nous : « Un professeur de l’école St-Polycarpe a remarqué que les vaches retournent seules à l’étable dès 4 heures de l’après-midi. » Aussi : « Selon Charles Burroughs, professeur d’éducation physique, les élèves adorent le T.G.I.F. ». Qu’est-ce que le T.G.I.F.? L’abréviation de « Thanks God it’s Friday ».

Dans la prochaine chronique, on reste dans le même journal pour parler des femmes dont l’épanouissement se fit, en ce début de révolution tranquille, à pas de tortue géante.

 

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