BIENHEUREUSE MARIE-ANNE BLONDIN (1809-1890)
oct.
17
2023
BIENHEUREUSE MARIE-ANNE BLONDIN (1809-1890)
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par Robert Payant

Source archivistique : Une entrevue réalisée par Robert Payant en 1996 en compagnie de Colette Dubé, s.s.a. supérieure générale de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne à Lachine.

En 1850, Esther Blondin fonde la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne à Vaudreuil. Son but était de remédier à la situation pitoyable des écoles rurales de son temps. L’histoire d’Esther Blondin est remarquable. En voici quelques éléments.

Cette femme fut investie très tôt à une mission éducative. À cette époque, comment a-t-elle pu faire pour en arriver à fonder la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne de Vaudreuil? Nous vous faisons grâce de toutes les péripéties en conservant l’essentiel. Native de Terrebonne, Marie Esther Blondin grandira dans une famille de douze enfants. Son père Jean-Baptiste Sureau dit Blondin exerçait le métier de cultivateur. Sa mère Marie-Rose Limoge, comme la majorité des femmes, s’occupait principalement de la maisonnée. Notons que les conditions de vie à l’époque étaient très difficiles puisque sept membres de la famille sont décédés en bas âge. Par ailleurs, la précarité de la santé de la jeune Esther ne fait aucun doute.

Déjà, à l’âge de 10 ans, elle manifeste le désir d’apprendre. En effet, à l’occasion de la visite paroissiale du curé, elle décide de marcher au catéchisme matin et soir pendant un mois, ce qui lui a permis d’obtenir la permission de faire sa première communion plus rapidement que les autres enfants du voisinage.

Vers l’âge de 20 ans, elle accepta de travailler à titre de domestique au couvent de la Congrégation Notre-Dame à Terrebonne sans rémunération en échange de quoi, elle apprendra à lire et à écrire. Notons que l’analphabétisme à l’époque était répandu.

À 22 ans, elle commencera à enseigner aux enfants de la première année. En 1833, le curé Archambault de la paroisse Saint-Michel de Vaudreuil l’invite à enseigner en se joignant à une amie d’enfance, Suzanne Pineault. Celle-ci dirigeait déjà l’école à Vaudreuil. Dans la foulée de ces premières années, Esther forma le premier duo d’enseignantes pour ensuite prendre la charge de l’établissement scolaire pendant quatre ans.

Voyant autour d’elle des enfants pauvres, sans instruction, des femmes en difficulté, des malades sans soins, elle était tout simplement incapable de supporter cet état de choses. Afin de pallier les besoins, là où les gouvernements ne répondaient pas, elle décida de s’impliquer davantage. C’est ainsi qu’avec de la prière et beaucoup de détermination, elle mena six jeunes filles au projet de noviciat le 13 septembre 1843. Sous la gouverne de Mgr Bourget, évêque de Montréal, cette première étape mènera à la fondation, le 8 septembre 1850, en l’église Saint-Michel de Vaudreuil de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne.

Elle décéda le 2 janvier 1890 d’une bronchite sévère. Le Pape Jean-Paul II éleva Marie-Anne Blondin au titre de Vénérable en 1991. Elle fut ensuite proclamée Bienheureuse en 2001. Elle aura très certainement influencé le milieu de l’éducation à Vaudreuil, et ce, longtemps avant l’arrivée de la Cité-des-Jeunes fondée sous la gouverne du député et ministre Paul Gérin-Lajoie.

En souvenir de sa présence, il y a sur la rue Saint-Michel le site de l’implantation de la première maison d’éducation de la congrégation fondée en 1850 ainsi que le parc Esther-Blondin. Les religieuses enseignantes auront porté l’éducation surtout des filles dans plusieurs municipalités de Vaudreuil-Soulanges.  Esther Blondin portait les mêmes préoccupations que bien des femmes ou des organismes communautaires d’aujourd’hui. Les efforts consacrés à l’économie sociale sont devenus courants et un défi constant pour un Québec en changement.

En conclusion, nous vous laissons avec la pensée qui n’a jamais quitté la fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne : « Plus un arbre enfonce ses racines dans le sol, plus il a de chances de grandir, de s’élever dans l’air et de produire des fruits. »

La photo est une courtoisie des archives générales de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne.

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