Plaisirs coupables
févr
01
2020
Plaisirs coupables
mozaik
seperation

Avez-vous des plaisirs coupables en matière de culture?

Moi, j’en ai plein. Enfin, je devrais plutôt dire que j’en avais plein. J’étais un vrai champion toutes catégories du plaisir coupable. Et puis du jour au lendemain, alors que rien n’annonçait un changement quelconque de ma personnalité, pffft! Disparue la culpabilité. Je n’avais dorénavant que des plaisirs. Et si, lors d’une conversation, je disais combien j’avais aimé le dernier film catastrophe sorti sur les écrans, et que je voyais se dessiner sur les lèvres de mon interlocuteur un petit sourire semi-moqueur, je conservais malgré tout un visage amical, car j’avais décidé que je ne me laissais et ne me laisserais plus atteindre par le jugement des autres.

Je sais que dans « Independence Day », le personnage que joue Will Smith aurait dû mourir au moins mille fois et que rien dans ce film à l’ego américain surdimensionné n’a de sens… mais je m’en balance j’aime ça!

Je sais que Vanessa Paradis (qu’un de mes amis appelle malicieusement « Le fœtus chantant ») n’a qu’un tout petit filet de voix, qu’elle ne peut pas faire la démonstration de sa puissance ou de son agilité vocale comme notre Céline nationale… mais j’aime Vanessa Paradis!

Je sais bien que deux amoureux, elle en déshabillé noir et lui sapé comme un poète sans le sou, qui se chantent la sérénade sur le dos d’un improbable éléphant en fer forgé pailleté de « blingblings » et planté en plein cœur de Paris à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle comme dans « Moulin Rouge » n’est pas, pour la majorité des ours, la chose la plus crédible qui soit… mais moi, j’aime ça les comédies musicales!

Alors si vous me parlez d’un film où un chien perdu réussit, après mille péripéties, à se faire adopter par une famille aimante ou si vous m’affirmez que votre vie a aujourd’hui du sens grâce à la musique de Johnny Hallyday et que vous voyez poindre sur mes lèvres un sourire semi-moqueur, parlez-moi de Vanessa Paradis et croyez-moi, je rectifierai le tir.

Faites comme moi, nourrissez vos plaisirs coupables ou vos plaisirs tout court en fréquentant la bibliothèque.

L’usager.

 

seperation

Autres suggestions

©2019 Mozaïk / Design et code: Les Manifestes